I DICTIONNAIRE

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DEwS

SCIENCES NATURELLES

DANS LEQUEL

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFPRENS KTPxES DE LA NATURE, CONSIDÉRÉS SOrr EN EUX-MÊMES, d'aPRÈs l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNOISSANCES, soit RELATIVEMENT A l'UTILITB Qu'eN PEUVENT RE'JIilEil LA MÉDECINE, l'agriculture, LE COMMERCE ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

PAR

Plusieuis Professeurs du Jardin du Roi et des principales Écoles de Paris.

TOME riNGT-CJNQUIÈBIE.

m

LAA-LEO.

m

E. G. Levrault, Editeur, à STRASBOURG,

et rue des Eossés M. le Prince, N.° 3i, à PARIS.

Le Normant, rue de Seine, N.° 8^ à PARIS. '

1822.

1^

LIBRARY OF

1885- IQ56

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES,

TOME XXV.

LAA = LEO.

Le nombre d' exemplaires prescrit par la loi a été dé- posé. Tous les exemplaires sont ret^étus de la signature de l'éditeur.

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES,

DANS LEQUEL

ON TRAITE MÉTHODIQUEMENT DES DIFFKRENS ETRES DE LA NATURE, CONSIDÉRÉS SOIT EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNOISSANCES, SOIT RELATIVEMENT A l'uTILITB Qu'eN PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS.

SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES.

Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux commerçans, aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages.

PAR

Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Ecoles de Paris.

TOME VINGT-CINQUIÈME.

F. G. LEVBAt3LT, Editeur, à STRASBOURG, et rue des Fossés M. le Prince , n.^ 3 1 , à PA R I S.

Le Nor.3iAWT, rue de Seine, N.° 8 , à PARIS.

1 82 2.

Liste des Auteurs par ordre de Matières,

Phjsl(jue générale.

M. LACROIX, membre de Sriences et professeur ai

Académie des Collège (le

France. (L.)

Chimie. M. CMEVRKUL, professeur au Collège royal de Charlemayne. (Cn.)

Minéialogie et Géologie.

M. BRONGNIAKT, membre de l'Académie

des Sciences , professeur à la Faculté des

Sciences. (B.j M. BROCHANT DE VILLIERS , membre

de l'Académie des Sciences. (B. deV. ) M. DEFRANCE, membre de plusieurs

Sociétés savantes. (D. F.)

Botanique.

M. DESFONTAINES, membre de l'Académie des Sciences. ( Desf.)

M. DE JUSSIEU, membre de FAcadémie des Sciences, professeur au Jardin du Roi. (J.)

M. MIRBEL , membre de l'Académie des Sciences , professeur à la Faculté des Sciences. (B. M.)

M. HENRI CASSINI , membre de la Société pbilomatique de Paris. (H. Ctss.)

M. LEMAN, membre de la Société pbiloma- tique de Paris. (Le«.)

M. LOISELEUR DESLONGCHAMPS, Docteur en médecine, membre de plusieurs Sociétés savantes. (L. D.)

M. MASSEY. (Miss.)

M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés savantes et littéraires , continuateur de l'Encyclopédie botanique. (Poir.)

M. D E TUSSAC, membre de plusieurs Sociétés savantes , auteur de la Flore des Antilles. (De T.)

Zoologie générale , jinatomîe et Physiologie. M. Ct. CUV'IER , membre et secrétaire per- pétuel de FAcadémie des Sciences, prof, au Jardin du Roi, etc. (G. C. ou CV.ou C.)

Mammifères.

M. GEOFFROI , membre de l'Académie des professeur au Jardin du Roi, (G.)

Oiseaux.

M. DUMONT , membre < savantes. (Ch, D.)

; plusieurs Sociétés

Reptiles et Poissons.

M. DE LACÉPÈDE, membre de l'Académie

des Sciences, professeur au Jardin du Roi.

(L. L.) M. DUMERIL, membre de l'Académie des

Sciences, professeur à l'Ecole de médecine.

(C. D.) M. CLOQuA-, Docteur en médecine. (H. C.)

Insectes, m. DUMERIL, membre de l'Académie de»

Sciences, professeur à l'Ecole de médecine.

(C. D.)

Crustacés.

M. W. E. LEACH, membre de la Société royale de Londres, Correspondant du Mu- séum d'histoire naturelle de France. ( W. E. L. )

Mollusques, Fers et Zoophytes.

M. DE BLAINVILLE, professeur i la Faculté des Sciences. ( De B.)

M. TURPIN, naturaliste, est cliargé de l'exécution des dessins et de la direction de la gravure.

MM. DE HUMBOLDT et RAMOND donneront quelques articles sur les objets nouveaux qu'ils ont observés dans leurs voyages, ou sur les sujets dont ils se sont plus particuliè- rement occupés. M. DE CANDOLLE nous a fait la même promesse.

M. F. CTJVIER est chaîné de la direction générale de l'ouvrage, il coopérera aux articles généraux de zoologie et à l'histoire (Jes mammifères. (F. C.)

DICTIONNAIRE

DES

SCIENCES NATURELLES,

LAB

LaAJA. (Bot.) Voyez Loœja. (J.)

LAART. (Ornith.) Le grèbe que, suivant îe Père Feuillée , les habitans de l'île Saint-Thomas nomment duc-laart , et qui a la pointe du bec légèrement courbée, est le colj'mhus tho- mensis , Gmel. (Ch. D.)

LAB. (Ornith.) Voyez Labbe. (Cir. D.)

LABAÇA (Bot.) , nom portugais d'une patience, rumexcris' pus , cité par M. Vandelli. (J.)

L^BA-LABA. {Bot.) Les Galibis de la Guiane nomment ainsi l'arbre dont Aublct a fait son qualea rosea. (J.)

Lx\BANCO. {Ornith.) On lit dans les Mémoires de don UUoa sur l'Amérique, tom. i , p, 191 , de la traduction Françoise de Lefebvre de Villebrunc, que le Haut-Pérou offre, parmi les patos- ou canards de cette contrée, des espèces nommées la- bàiicos , patillos et gallarctas , qui se trouvent aussi dans les contrées froides de rAmérique septentrionale. (Ch. D.)

LABARIN. {Conchjl.} Adanson , Sénég. , pag. io3, pi. 7 , donne ce nom à une espèce de buccin que Linnœus regarde comme une variété de son huccinum hj-ppocastanum qui paroît être une espèce de turbinelle des conchyliologistes modernes. (DeB.)

LABARRA. {Erpétol.) Le docteur Bancroft, dans son His- toire de la Guiane , a nommé petit labarra un serpent très-veni- meux, et qui paroît être celui que nous avons décrit sous le nom d'e'/aps galonné. Voyez Elafs. (H. C.)

25. i

LAB

LABATIA. (Bot.) Ce genre de Swartz paroît le même que le pouteria d'Aublet, ou ch^/ocrtrpus de Schrcber, qui appartient à la famille des ébéiiacécs. (J.)

LABBE. {Ornith.) Ce nom, qui s'écrit aussi lab et lalben, a été donné par les pêcheurs suédois à un oiseau palmipède, de la famille deslongipennes, auquel d'autres ont imposé celui de strund-jager, qui se traduit par stercoraire, d'après l'opinion, ils étoient que cet oiseau mangeoit la fiente des mouettes , et notamment de la petite espèce appelée kutgeghef , laquelle ilpoursuit en effet, pour la forcer à lâcher le poisson qu'elle tient dans le bec , ou à vomir celui qu'elle a déjà avalé , et qu'il saisit avec adresse ; mais il est assez étonnant que le nom de stercoraire , qui supposeroit l'habitude de se nourrir d'excré- mens, ait été aussi légèrement adopté. Les observateurs qui ont supposé ce fait ont , sans doute , été trompés par la double circonstance que le poisson, qui réfléchit la lumière, paroît toujours blanc en l'air, et qu'à cause de la roideur du vol de la mouette, il semble tomber derrière elle. Aussi Buffon n'a- t-il pas hésité à rejeter une dénomination propre à induire en erreur sur le naturel de l'oiseau -, et, quoique plusieurs ornitho- logistes aient continué d'en faire usage , on croit devoir préférer ici celle delabbe, en conservant, avecllliger, le mot grec Zesfris pour nom générique.

Les labbes ont la taille et les traits des mouettes, mais ils en diffèrent en ce que leur bec est presque cylindrique et cou- vert, à la base de sa partie supérieure, d'une membrane qui s'étend jusqu'aux narines; tandis que celui des goélands et des mouettes est nu et comprimé latéralement. Les autres carac- tères du genre sont d'avoir le bec robuste, de grandeur mé- diocre; la mandibule supérieure armée d'un onglet qui paroît surajouté, et qui rapproche le bec du labbe de celui du pétrel, quoique les narines ne forment pas des tubes comme chez celui- ci : CCS narines, situées vers la pointe du bec , étroites et fer- mées par derrière, sont diagonalcment percées de part en part, la mandibule inférieure forme un angle saillant. La langue est cannelée et légèrement bifide à la pointe. Les pieds sont grêles et nus au-dessus du genou; les tarses sont longs; les trois doigts de devant sont palmés, et les extérieurs sont en outre bordés d'une membrane ; le doigt postérieur, fort petit, ne porte à

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terre que sur le bout. Les ongles sont grands et crochus. Les ailes ont la première rémige la plus longue.

Les labbes sont des oiseaux courageux qui harcèlent sans cesse lesmouettes, et se nourrissent le plus souvent des alimens qu'ils les obligent de dégorger, en se posantsur leur dos et leur donnant des coups de bec ; mais ils se nourrissent aussi de pois- sons qu'ils prennent eux-mêmes , de mollusques et de la chair des cétacés morts. Les parties les plus septentrionales de l'Eu- rope, de l'Asie et de l'Amérique sont celles qu'ils habitent : quoique le plus souvent dans la haute-mer, ils fréquentent aussi les rivages. C'est en automne et en hiver qu'ils s'écartent des pôles, et qu'on en voit aux Orcades, aux Hébrides et sur les côtes d'Angleterre, de France, etc. Mauduyt rapporte, dans l'Encyclopédie méthodique , qu'on lui en a présenté, au mois de septembre, un qui s'étoit accroché au même hameçon que le poisson par lui avalé, et qui avoit été pris dans la Seine, non loin de Paris.

Ces oiseaux, presque toujours en l'air, et qui ont le vol si puissant que les vents les plus forts ne les empêchent pas de se diriger avec justesse sur leur proie , ne peuvent être appro- chés ettirés que difficilement. Ilsparoissentn'êtresujets, chaque année, qu'cà une seule mue, et il n'existe pas de différence marquée entre les sexes, quoique leurs principales couleurs, qui sont le brun et le blanc, soient sujettes à d'assez grandes variations. Les individus qui ont le plus de blanc aux parties inférieures, sont ceux dont la livrée est la plus parfaite. Chez les jeunes, les plumes du dos sont bordées de roux, avec des taches irrégulières , et le dessous du corps offre des raies plus ou moins nombreuses : le dessous des doigts et les mem- branes latérales sont aussi plus blancs.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur les espèces dont le genre est composé, et leur habitation ordinaire vers les pôles ne permet pas , en effet , de les étudier avec assez de soin pour s'assurer si les individus dont ou n'a eu occasion d'examiner que peu de dépouilles, ne sont pas de simples variétés d'âge. C'est ainsi qu'un caractère qui sembleroit devoir être tranché pour la distinction des espèces, celui de la longueur respec- tive des pennes caudales , cesse de l'être par les variations qu'éprouvent les filets intermédiaires, et parce que ces filets

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existant dans chaque espèce , on ne peut en tirer que des inductions relatives et proportionnelles, à moins qu'à leur étendue on ne Joigne la considération des barbes arrondies ou effilées. Une dénomination tenant aux habitudes qu'on ne sau- roit, d'un autre côté , employer comme désignation d'espèce , est celle de parasite , pjiisqu'elle est commune au genre entier. Dans l'état actuel de nos connoissances sur les labbes ou stercoraires, M. Vieillot en admet quatre espèces, que M.Tem- minck réduit à trois ; et M. Cuvier ne fait mention que de deux , qui même ne forment que des états différens d'une seule es- pèce, suivant le naturaliste hoUandois.

Lapremière espèce que décrivent MM. Vieillot etTemminck, étoit restée placée, dans les ouvrages d'ornithologie, avec les grandes mouettes ; c'étoit le goéland brun de Buffon , larus catarractes , Linn.; stercoraire cataracte, Temm. ;Labbe cata- racte, Dum. i Lestris catarractes. Cet oiseau, long de vingt à vingt et un pouces , de l'extrémité du bec à celle de la penne latérale de la queue, et dont le tarse, peu rugueux dans sa partie postérieure , est élevé d'environ trente lignes , a des filets larges jusques au bout, qui n'excèdent les autres pennes caudales que de trois, quatre ou cinq pouces. La tête et le tour des yeux sont d'un brun foncé; le cou et le dessous du corps d'un gris rougeâtre, avec des nuances d'un brun clair-, le dos et les scapulaires d'un roux mat; les couvertures des ailes, leurs pennes secondaires et celles de la queue brunes; les rémiges, blanchesjusqu'àlamoitié de leur longueur, sont d'un brun foncé dans le reste; les tiges de ces rémiges et des rectrices sont blanches; les pieds et les ongles, aigus et ro- bustes, sont noirs, ainsi que le bec , qui est brun à sa base ; l'iris est de cette dernière couleur.

Cette espèce, qui ne s'éloigne guère du pôle arctique, est abondante aux Orcades, aux Hébrides et dans l'Amérique sep- tentrionale. C'est au même oiseau que les Anglois ont donné le nom de poule du Port-Egmont , et d'autres navigateurs celui de cordonnier ; il niche en grandes bandes aux îles Malouines et à la Terre de Feu, dans les lieux élevés, parmi les herbes et les bruyères. Sa ponte consiste en trois ou quatre œufs, très- pointus, de couleur olivâtre, avec de grandes taches brunes. La voracité de ce labbe est telle qu'il se brise la tête en se pré-

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cipitant sur les planches auxquelles les pêcheurs ont affiché du poisson pour l'attirer: il vit aussi de uiollusques, etse U-ti^ 8ur les charognes de^cétacés : on prétend même qu'il déiobe aussi les œufs d'autres oiseaux de mer.

Le Labbe a longue queue , Buff. , pi. enh , 7G2 , qu'on peut appeler lestris longicaudus, est le larus parasiticus , Gmel. Cette espèce , à laquelle MM. Temminck et Boié, son correspondant appliquent également l'épithè te parasif/cus, dont on a fait voir l'inconvenance, a quatorze ou quinze pouces de longueur mesurée, comme on l'a déjà dit, depuis le bout d^u bec jusqu'à la plus latérale des pennes de la queue , et le tarse n'est élevé que de dix-neuf lignes; les deux filets qui excèdent les autres pennes de moitié, diminuent sensiblement de largeur et sont fort étroits à la pointe. Les vieux des deux sexes^ en livrée parfaite, ont le front blanchâtre ; le sommet de la tête est couvert, jusqu'à l'occiput, d'une sorte de calotte noirâtre- le dessous des yeux, la gorge, la poitrine et le ventre sont blancs, et l'on voit sur les flancs quelques nuances cendrées- le dos, les ailes et la queue sont d'un brun cendré très-foncé^ qui devient noirâtre sur le bout des pennes alaires et caudales; la base du bec est bleuâtre et la pointe noire ; l'iris est brun , et les pieds sont très-noirs. Dans leur moyen âge , les parties supérieures sont d'un brun cendré, qui s'éclaircit dessous le corps, et ne présente aucune tache. Dans leur jeunesse, le sommet de la tête est d'un gris foncé , les côtés et la partie supérieureducousontd'ungris clair, parsemédetachesbrunes, longitudinales; il y a une tache noire en avant des yeux; l'ab- domen et les plumes anales sont rayés transversalement ; la queue est arrondie; les tarses sont d'un cendré bleuâtre; la base des doigts et les membranes sont blanches; l'ongle posté- rieur estso.iventde la même couleur. C'est alors, selon M. Tem- minck, le lar.as crcpidatus de Gmelin, le catarracta cepphus de Brunnich, le stercoraire labbe de M. Vieillot, et le labbe à courte queue de M. Cuvier, 99 1.-^ pi. enl. deBuifon, et ^g.*^ d'Edwards.

Les bords de la Baltique, la Norwège et la Suède sont les keux qui paroissent les pins fréquentés par cette espèce, qu'on voit souvent dans l'intérieur des terres, sur les rivières et les lacs, et dont quelques jeunes se rencontrent accidentellement

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en Allemagne, en Hollande et en France. Outre les petits poissons qu'ils forcent les sternes et les mouettes de dégorger, M.Temrainck dit qu'ils se nourrissent de certains insectes et de mollusques, particulièrement de Vhelixjanthina. Leur nid, pra- tiqué dans la mousse , près des rivages de la mer, contient trois ou quatre œufs fort pointus , dont le fond est olivâtre , avec des taches brunes.

La troisième espèce de M. Temminck est le Stercoraire, fo- WARTN , lestris pomarinus, qu'on pourroit aussi nommer leslris Z'rev'icaudu5,par opposition à l'espèce précédente. Celle-ci, dont la longueur est de quinze ou seize pouces, a les filets de la queue larges jusqu'au bout, ils sont arrondis. Ces filets n'excèdent les autres pennes caudales que de deux ou trois pouces, et le tarse est élevé de vingt-trois lignes. Ces circonstances, qu'un grand nombre d'individus fournis par M. Boié ont mis M. Temminck à portée de constater, sont les bases principales sur lesquelles il s'est fondé pour établir l'espèce dont il s'agit , qui, chez les vieux des deux sexes, se reconnoît d'ailleurs en ce qu'elle a la tête, le dos, les ailes et la queue d'un brun très- foncé et sans nuances; les plumes du cou et de la nuque sont longues,subuléeset d'un jaune lustré ; la gorge et le ventre sont blancs; des taches brunes forment un large collier sur la poi- trine : et d'autres sont disposées transversalement sur les flancs et les plumes anales; les deux filets conservent la même lar- geur jusqu'au bout, qui est arrondi. Le bec, olivâtre , est noir à la pointe; l'iris est d'un brun jaunâtre , et les pieds sont très- noirs, ainsi que les membranes. Les deux sexes, dans leur moyen âge, ont tout le corps d'un brun très-foncé, à l'excep- tion des plumes du cou et de la nuque qui , plus longues et su- bulées comme chez les vieux, jettent des reflets jaunâtres; les filets, moins longs, ont aussi la môme largeur dans toute leur étendue. Enfin, chez les jeunes de l'année, les plumes de la tête et du cou, qui sont d'un brun terne, se terminent par un liséré plus clair : il y a un espace noir en avant des ycux; les plumes dorsales, d'un brun foncé, sont bordées de roux, couleur qui forme des zigzags sur le ventre, et l'on voit de larges bandes noirâtres et rousses sur les plumes uropygiales et anales; l'ongle postérieur est blanc, et les filets ne dépassent encore les autres pennes caudales que d'un demi-pouce..

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Cet oiseau, qui habite vers le pôle arctique, et se nourrit comme ses congénères , est le même que le stercoraire rayé de Brisson. On trouve la figure du jeune de l'année et d'ua indi- vidu plus âgé, dans les Oiseaux d'Allemagne de Meyer, v. 2 Heft. 20. Son nid, composé d'herbes et de mousses entrelacées grossièrement , est placé sur les rgchers ou sur des monti- cule? dans des terrains marécageux. La femelle y pond deux ou trois œufs très-pointus , dont le fond est d'un cendré olivâtre avec quelques taches noirâtres. (Ch. D.)

LA13BERDAN. {Ichthyol.) Les flibustiers hoUandois donnent ce nom au cabéliau. (H. C.)

LABDANUM. {Bot.) Voyez Ladanum. (J.)

LABEC ou LABESK (Omith.) , nom polonois du cygne, anas cjgnus, Linn. (Ch. D.)

LABELLE. (BoL) Dans la plupart des orchides, les divisions supérieure» de l'enveloppe florale, ordinairement dressées, sont désignées collectivement par le nom de casque; et la divi- sion inférieure , de forme variable et ordinairement pendante, a reçu le nom de labelle, ou tablier. (Mass.)

LABEN. (Bot.) Rochon, dans son Voyage a Madagascar, cite un arbre de ce nom , très-élevé , qui croît sur le bord de la mer, et dont le bois, très-dur, sert aux ouvrages de menuiserie. Son fruit, de la forme d'une olive, renferme une amande blanche, huileuse , et d'un goût délicieux. Nous jiensons que c'est une espèce de calaba, ealophjllum, ou d'un genre voisin^

(J.)

LABEO. {Iclillijol.) C'est ainsi que Gaza traduit ;^a,A\toi/ ou ')(iXcùV , nom grec d'un poisson , dans Aristotc. Ce poisson paroîtêlre le même que le chalux de Rondelet. Voyez Chaluc. (H.C.)

LABEON, Labeo. (lehtlifoL) M. G. Cuvicra, sous ce nom. séparé du grand genre des cyprins de Linnaeus et de la plupart des ichthyologistes, un certain nombre de poissons , dont il a formé un sous-genre, ou plutôt un véritable genre, avec les caractères suivans :

Ventre arrondi; nageoire du dos unique, longue, sans épine, de même que la nageoire anale; pas de barbillons; lèvres charnues , Irès-épaisses , prolracliles.

Le genre Labéon appartient à la famille des gymuopojues

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M. Dumëril , à celle des cyprins de M. Cuvier. AFaide de* caractères que nous venons de faire connoî tre, on le distinguera facilement des Hydrargvrks, qui ont des dents ; des Carpes, qui ont le secoud rayon de la nageoire dorsale épineux; des Barbeaux, des Goujons, des Tanches, des Brèmes, des Ables, qui ont cette même nageoire courte; des Stoléphores, qui n'ont pas les lèvres extensibles; des Athérines, qui ont deux nageoires dorsales, et enfin des Clupées, des Anchois, des Serpes, etc., qui ont le ventre caréné. (Voyez ces différens noms de genres, et le mot Gymnopomes.)

Tous les labéons sont étrangers. Parmi eux nous signa- lerons;

La Roussarde : Laheo niloticus. Oyprinus niloticus , Forsk. ,^ Geoff. Nageoire anale de moitié au moins plus courte que celle du dos ; catopes aigus; nageoire caudale bifide; teinte géné- rale roussâtre.

Le nom spécifique de ce poisson indique assez qu'il vit dans le Nil.

Forskal pense qu'il ne faut point le confondre avec une espèce d'Egypte aussi , et dont a parlé Hasselquist , sous le nom de cj'prinus Tuftseens.

Le Labéon vutGAiRE: La Jeo vulgaris. Cjprinus laheo, Pallas, Linn. Ecailles grandes ; ouverture de la bouche au-dessous du museau ; second rayon de la nageoire dorsale très-fart; tête épaisse ; museau arrondi; nageoire caudale brune j nageoires pectorales rouges, de même que l'anale et les catopes ; taille d'environ trois pieds.

On rencontre ce poisson, dont la chair passe pour excel- lente, dans les fleuves pierreux et rapides de la Dauric, qui portent le tribut de leurs eaux au grand Océan boréal , et il vit en troupes nombreuses.

Le Labéon frangé: Labeo fimbriatus, Cyprinus ftmbriatus , Bloch, 409. Lèvres découpées en forme de frange; la supé Tieure garnie de petites verrues ; deux orifices à chaque nîirine; ligne latérale rapprochée du dos ; tête petite; iris ar- gentin et entouré de deux cercles rouges, dos et nageoires d'une teinte violette; ventre blanc; tronc parsemé de points rouges.

Qn a péché ce poisson dans les eaux douces de la çôtc du

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Malabar, il est nommé solkondei, en langue tamulique. Sa chair est bonne à manger j et, lorsqu'il a été élevé dans un étang, il peut peser jusqu'à six et huit livres. (H. C.)

LABER. (Bot.) Suivant Dalécharaps, les interprètes de Sé- rapion , ancien médecin arabe , ont dit mal à propos qu'il don- noit ce nom à l'aloès, qui est le Cebar des Arabes. Voyez ce mot. (J.)

LABERDAN. (Ichthfol.) Voyez Labberdan. ( H. C.)

LABEUM (Bot.), nom de la seconde division du genre Po- If parus de Pries, qui comprend les espèces à chapeau fixé, par le côté, à un stipe long, semblable à un manche. Voyez Poly- PORUS. (Lem.)

LABIATIFLORES. (Bot.) M. Lagasca publia, en 1811, dans les Amenidades naturales de las Espanas, imprimées à Orihuela, un Mémoire intitulé Dissertation sur un nouvel ordre de plantes de la classe des composées. Cet opuscule avoit été ré- digé en 1 8o5 , et communiqué , au commencement de i 808 , à quelques botanistes François.

Dans ce Mémoire, le botaniste espagnol établit, entre les chicoracées et les corymbifères, un ordre intermédiaire , qu'il nomme chœnanthophorœ, et dont le caractère essentiel est d'a- voir le limbe de la corolle divisé en deux lèvres, dont l'exté- rieure est plus large que l'intérieure. Il distingue dans cet ordre trois sortes de calathides : 1." celles dont toutes les fleurs sont égales , ou presque égales, en longueur; 2,° celles dont les fleurs sontd'autantpluslonguesqu'ellessontplus extérieures, comme dans les chicoracées; 3." celles qui ont un disque composé de fleurs égales entre elles, et une couronne de fleurs beaucoup plus longues. En conséquence, M. Lagasca divise ses chénan- tophores en trois sections. La première, caractérisée par la calathide radiatiforme , équalillore, ou subéqualiflore, est sous -divisée en deux parties : l'une comprenant les genres à clinanthe inappendiculé, Perezia, Leucheria, Lasiorrhiza , Do- lichlasium, Proustia, Panargyrus , Pamphalea, Caloptilium,Nas- sauvia; l'autre comprenant les genres à clinanthe appendlculé, Triptilion, Trixis, Martrasia, Jungia^ Polyachjrus. La seconde section, caractérisée par la calathide radiée, comprend les genres Mutisia, Chœlanthera , Apkyllocaulon, Perdicium, Chap- talia , Diacanlha. La troisième section , intitulée chcnanlo-

^o LAB

phoues anomales, et caractérisée par la calathide radiée, h. disque régularitlore, et à couronne biliguliflore, comprend les genres Bacasia, Darnadesia, Onoseris , Denekia.

M. Decandolle a publié, eu 181 a, dans le tome XIX des Annales du Muséum d'Histoire naturelle , un Mémoire sur les composées à corolles labiées , ou labiatiflores. Ce Mémoire avoit été lu à la première classe de l'Institut, le 18 janvier 1808; mais, quelque temps après , l'auteur ayant eu en communi- cation le travail de M. Lagasca, employa les observations de celui-ci pour compléter son Mémoire, qui n'a été publié que d'après cette nouvelle rédaction.

Le botaniste françois nomme labialijlorœ le groupe désigné par le botaniste espagnol sous le nom de chananthophorœ. Il intercale ce groupe entre les chicoracées et les cinarocéphales, et le caractérise comme M. Lagasca. Il distingue dans les labia- tiflores, trois sortes de corolles : 1." les corolles à lèvre exté- rieure à quatre dents , à lèvre intérieure réduite à un seul filet-, 2." les corolles à lèvre extérieure à trois dents, à lèvre intérieure divisée jusqu'à sa base en deux filets; 3." les corolles à lèvre extérieure à trois dents, à lèvre intérieure à deux dents. Il remarque, en outre , deux dégénérescences, dont la première a lieu lorsque la corolle centrale est rég^uliére , et la seconde, lorsque les corolles marginales n'ont point de lèvre intérieure.

M. Decandolle prétend que toutes les labiatiflores bien constatées sont originaires du nouveau continent, et que, à l'exception du c/iûpfaiia, elles sont toutes de l'Amérique mé- ridionale.

11 divise ce groupe en quatre sectîons. La première, carac- térisée par les corolles à lèvre intérieure simple, filiforme , l'extérieure à quatre dents , comprend les genres Barnadesiu et Bacazia. La seconde section , caractérisée par les corolles à lèvre intérieure partagée en deux lanières filiformes , est sous- divisée en trois parties : Tune comprenant les genres à aigrette plumeusc et sessile, Mutisia. Dumcriiia, Chabrœa; une autre comprenant les genres à aigrette pileuse et sessile, Chcctan- thcra, Honioiaiilhus , Plazia , Onoseris , Clarionea , Leucaeria ^ Chaptalia; la dernière comprenant le genre Dolichlasiuin , à aigrette pileuse et stipitée. La troisième section , caractérisée

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par les corolles à lèvre extérieure tridentëe, l*ntërieurc bi- denlée ou presqu'entière , est sous-divisée en trois parties: l'une comprenant les genres à aigrette pileuse , Perdieium , Trixis, Prouslia, Nassau^ia; une autre comprenant les genres à aigrette plumeuse, Sphcerocephalus , Panargyrum, TriptUium, Jungia; la dernière comprenant le genre Pamph aléa , à aigrette nulle. La quatrième section comprend les labiatillores dou- teuses, deneUa, disparago , polyachurus , leria.

Dans notre troisième Mémoire sur les synanthérées , lu à l'Institut, le 19 décembre 1814, nous avons admis, pour la pre- mière fois, et provisoirement, les labiatiflores, comme une tribu intermédiaire entre celle des lactucées et celle des car- duacées. Mais, à cette époque, nous n'avions point encore observé ces plantes avec assez de soin, et notre opinion, fon- dée sur un examen très-superficiel, se réduisoit à de simples conjectures, ainsi que nous le déclarions dans ce Mémoire. En 1816, nouspubliàmes, dans le troisième cahier des planches de ce Dictionnaire, un tableau exprimant les affinités des tri- bus naturelles de la famille des synanthérées, suivant notre méthode de classification. On y voit une tribu des mutisiées placée entre celle des lactucées et celle des carlinées; et deux lignes ponctuées indiquent , l'une que les mutisiées pourroient être placées entre les tussilaginées et les sénécionées, l'autre que les mutisiées semblent avoir quelque affinité avec certaines arctotidées. Dans notre quatrième Mémoire sur les synanthé- rées, lu à l'Académie des Sciences, le 1 1 novembre 1816, nous présentâmes une tribu des mutisiées et une tribu des nassau- viées, placées entre celle des tussilaginées et celle des sénécio- nées. Dans le VIII.'^ volume de ce Dictionnaire, publié en août iSry, nous avons fait connoître, dans notre article Ché- TJANTOPHOREs (pag. Bgo), les caractères et la composition de nos deux tribus des mutisiées et des nassauviées, confondues ensemble par MM. Lagasca et Decandolle, et mêlées par eux avec des genres qui appartiennent à d'autres groupes naturels. Enfin , dans notre sixième Mémoire sur les synanthérées, pu- blié dans le Journal de Physique de février et mars 1819, nous avons décrit complètement les caractères des deux tribus dont il s'agit; et ces descriptions se trouvent reproduites dans le tome XX de ce Dictionnaire, pag. ojS et 379.

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M. Kunth , dans le quatrième volume des Nova Gênera ei Species plantarurn , publié en 1820, présente un groupe inti- tulé Onoserldœ, comprenant, dit- il, la plupart des lablati- flores. Il n'assigne à ce groupe aucun caractère , et lui attribue les six genres Leria , Cliaptalia, Onoseris , Isotypus, Homanthis , Mutisia. Les onosérides de M. Kunth sont une portion de sa seclion des carduacées , et elles se trouvent placées entre la section des chicoracées et les barnadésies qui sont une autre portion de la section des carduacées. Les barnadésies de M. Kunth paroissent correspondre à notre tribu des carlinées. Ses onosérides correspondent à notre tribu des mutisiées, et tous les genres qu'il y comprend avoient été indiqués par nous, en 1817, dansleVIII/ volume de ce Dictionnaire, comme ap- partenant à nos mutisiées; d'où nous pouvons conclure que l'établissement de ce groupe n'est point à M. Kunth. La seule chose qui soit de lui , c'est la substitution du nom d'ono- sérides à celui de mutisiées , et l'omission des caractères dis- tinctifs que nous avions assignés à cette tribu. Le placement des onosérides entre les chicoracées et les barnadésies est très- bien fondé, sous beaucoup de rapports; mais nous l'avions opéré avant M. Kunth , en rangeant d'abord les mutisiées entre les lactucées etles carlinécs. Eu disant que nousavions indiqué, comme appartenant aux mutisiées, toiis les genres rapportes par M. Kunth aux onosérides , nous aurions excepter Fiso- tj'pus , nouveau genre que nous ne pouvions pas citer, puis- qu'il n'existoit pas alors, et Vhomanthis, que nous avions rap- porté sous le nom d'Iiomoianthus, aux nassauviées, parce qu'en, effet il appartient à cette tribu , et non point à celle des muti- siées. Notre tribu des nassauviées, qui paroit très-naturelle et bien caractérisée, est dispensée, par M. Kunth, dans trois sections différentes, et qui sont toutes les trois bien distinctes de cette tribu. Ainsi, ce botaniste rapporte Vhomanlhis aux onosérides, le Iriplilium aux barnadésies, le trixis et le dunie- ri/ia aux jacobées. (Voyez, dans le Journal de Physique de Juil- let i8i(), notre Analyse critique et raisonnée du quatrième volume de l'ouvrage de M. Kunth.)

Il seroit beaucoup trop long de discuter ici avec détail k-s opinions de MM. Lagasca, Dccandolle et Kunth, sur les labia- tiflores. Bornoas-nous à indiquer sommairement l^esprincipaî-es

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sources des erreurs dans lesquelles sont tombés, selon nous ces botanistes, i Ils n'ont donné aucune attention à la structure du style , qui leur auroit appris à distinguer les mutisiécs et les nassauviées. 2." Ils ont confondu la corolle labiée, qui est exclu- sivement propre aux nassauviées et aux mutisiécs, avec les co- rolles biligulées et ringentes , qui se rencontrent dans d'autres tribus. Cette confusion leur a fait admettre parmi les labiati- flores des genres étrangers à ce groupe , et la plupart des bota- nistes en ont conclu que ce groupe n'étoit point naturel. Pour qu'une corolle de synanthérée puisse être proprement dite labiée, deux conditions sont absolument essentielles : l'une est que cette corolle soit accompagnée d'étamines parfaites; l'autre est que la lèvre extérieure comprenne les trois cin- quièmes, et l'intérieure les deux autres cinquièmes de la par- tie supérieure du limbe. La corolle labiée diffère de la corolle biligulée, comme la corolle fendue des lactucées diffère des corolles ligulées composant la couronne des calathidcs radiées. Or, nous avons démontré de la manière la plus évidente com- bien étoit abusive la confusion des corolles fendues avec les corolles ligulées. (Voyez notre article Flosculelses , tom. XVlï, pag. 160.) Quant aux corolles ringentes, si l'on persiste à vou- loir les confondre avec les corolles labiées, il faudra aussi leur associer les corolles obringentes, ce qui amènera nécessaire- ment la plupart des carduinées dans le groupe des labiatiflores. Nous croyons donc avoir perfectionné la connoissance de ce groupe, non seulement par l'addition de plusieurs nouveaux genres , et par la rectification de la plupart des genres anciens , mais encore , et surtout , par l'analyse exacte du style et de la corolle. Cependant nous aimons à reconnoître que M. La- gasca s'est approché de la vérité d'aussi près qu'il étoit pos- sible de le faire, en négligeant l'étude minutieuse de la co- rolle et du style. Terminons cet article en faisant remarquer que l'observation géographique de M. Decandolle a cessé d'être exacte, depuis que nous avons reconnu plusieurs mutisiécs parmi les plantes d'Afrique. (H. Cass.)

LABIDE, Lahidus. (Entom.) C'est un nom donné par Jurine, dans son Histoire des Hyménoptères, à un genre d'insectes de cet ordre, et delà famille des myrmèges. Autant qu'on puisse le croire par la description que cet auteur a faite de deux in-

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dividus mAles qu'il avoit reçus de Surinam, et qu'il n'a pas figurés , il est probable que le nom de lahidus est tiré du mot grec XstCiç , qui signifie une tenaille, parce qu'il a des mandibules très-grandes, avec une seule dent. (CD.)

LABIDOURES ou FORFICULES. {Entom.) C'est le nom sous lequel nous avons désigné une petite famille d'insectes de l'or- dre des orthoptères, qui comprend le seul genre de perce- oreilles. (Voyez FoRFicuLE.) Le mot labidoures signifie queue en tenailles, de XaCiç-CiS'oç , tenaille, et de «^c«, queue.

Celte famille se distingue de celles des gryllpïdes, des blattes et des anomides par les caractères suivans : D'abord , les cuisses postérieures sont simples et de la même longueur que les autres, ce qui n'est pas dans les sauterelles; ensuite, les ar- ticles aux tarses sont au nombre de trois seulement, et non de cinq, comme dans les mantes et les blattes; de plus, les an- tennes sont en forme de fil, c'est-cà-dire de même grosseur dans toute leur longueur, et l'abdomen est terminé, comme le nom l'indique, par une sorte de pince. Four éviter les ré- pétitions, nous ne donnerons pas ici d'autres détails, nous renvoyons à l'article cité plus haut. (C. D.)

LABIÉE COROLLE. {Bot.) Corolle monopétale dont le tube est plus ou moins courbé, la gorge dilatée, et le limbe divisé en deux lobes principaux disposés l'un au-dessus de l'autre comme deux lèvres (sauge, romarin , lamium, dracoce- ■phalum , etc. etc.) Lorsque la gorge , au lieu d'être ouverte, est fermée par un renflement de la lèvre inférieure, la corolle labiée est dite personée, ou en mufle ou en masque. Telle est celle de l'antirrliinum, etc. (Mass.)

LABIÉES. {Bot.) Cette famille de plantes tire son nom de la forme de sa corolle , dont le limbe est divisé ordinairement en deux lèvres. C'est une de celles qui sont regardées comme les plus naturelles, avouées de tous les botanistes, et que les auteurs de méthodes ont généralement cherché à conserver dans leurs classifications. Elle forme dans celle de Tourncfort la classe des monopétales irrégulières labiées ; dans celle de Linn-Tus, la première division de sa didynamie. Dans celle qui est fondée sur les affinités, elle fait partie delà classe des hypororolléesou dicotylédones monopélales à corolle insérée sous l'ovaire.

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Son caractère général est composé des suîvans -. Un calice monosépale, ordinairement tubulé, et divisé par le haut en cinq parties, tantôt égales, tantôt inégales et formant deux lèvres opposées ; une corolle hypogyne , tubulée, à limbe or- dinairement divisé en deux lèvres ; quatre étamines distinctes insérées au tube de la corolle, sous sa lèvre supérieure, dont deux à filets plus longs, et deux à filets plus petits : ces der- nières avortent dans quelques genres; anthères biloculaires , un peu alongées, portées sur l'extrémité des filets; un ovaire libre quadrilobé; un style simple, s'élevant dumilieu des quatre lobes; un stigmate bifide; un fruit composé de quatre graines nues, ou autrement, quatre capsules indéhiscentes et mono- spermes (nommées cariopses par quelques auteurs) , attachées contre la base élargie du style; embryon des graines droit, à radicule descendante et à cotylédons droits, sans pérîsperme ( à moins qu'on ne prenne pour tel le tégument intérieur de la graine, quelquefois un peu épaissi ou tapissé d'une substance blanche).

Les plantes de cette famille sont des herbes, ou plus rarement des arbrisseaux ; leurs tiges sont ordinairement ramifiées , ra- meaux toujours opposés et quadrangulaires; les feuilles sont opposées, ou très-rarement verticillées trois à trois ; les fleurs^ également opposées, nues, ou plus souvent accompagnées de bractées ou de soies , terminales ou axillaires , sont ou solitaires ou disposées en anneaux, en épis, en corymbe, en panicule. Les caractères énoncés sont tellement uniformes dans foutes les labiées, qu'on pourroit les considérerpçesque comme un seul genre très-nombreux en espèces, et que , pour distribuer ces espèces en genres, on est forcé de recourir à des caractères minutieux. Il est encore très -difficile d'établir, dans cette grande série, des sections très-naturelles. Tournefort fonde les siennes sur la forme de la corolle. Linngeus sépare dans deux classes distinctes les labiées à deux étamines, qu'il place dans sa diandrie , et celles plus nombreuses, à quatre étamines, qui font partie de sa didynamie. Pour subdiviser ces dernières, il détache d'abord les genres dont la corolle n'a qu'une lèvre inférieure; puis il divise ceux à corolle bilabiée, d'après le calice à cinq divisions égales dans les uns, à deux lèvres dis- tinctes dans les autres. Les divisions proposées par Adanson ,

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fondées sur la présence ou absence des bractées , sont peut-être? plus naturelles; mais, pour les préférer, il famdroit refondre beaucoup de genres de Linnaeus, maintenant adoptés. On est donc obligé, à raison de cette adoption provisoire, de suivre encore pour le moment Tordre qu'il a établi, en réunissant néanmoins les labiées de sa diandrie à celles de sa didynamie , et supprimant la section des corolles unilabiées qui ne contient que le genre Ajuga,

Dans la première, caractérisée par deux seules étamînes fertiles, sont les genres Lycopus, Amethjstea, Cunila, Ziziphora , Monarda, TVestringia de M. Smith, Rosmarinus, Salvia, Co- linsonia, Hoslundia de Vahl , Microcorfs de M. Brown.

La seconde, à quatre étamines fertiles, et un calice à cinq divisions, comprend les genres Hem/gen-ia, Hemiandraet Jni- somelesde M. Brown, Aj uga , Tenerium,Isanthus de M. Michaux, Satureia , Hyssopus , Pogostemum de M. Desfontaines, Barhula de Loureiro, Bistropogon de Lhérilier, Nepeta, Hjptis de Jac* quin, Perilla,Lai'andula, Sideritis, Mentha, Glecoma , Lamium^ Galeopsis, Betonica, Stachfs , Zietenia de Gleditsch, Ballota, Marrulium , Leonurus, Leucas de Burmann, Phlomis, Molu- cella, Rizoa de Cavanilles. Pjenantheinuni de Michaux, auquel est réuni le Brachystemum du même.

A la troisième section, dont les fleurs ont quatre étamines fertiles et un calice à deux lèvres, se rattachent les genres Ciinopodium , Origanum , Gardoquia de la Flore du Pérou, Thy- mus, Thjmbra, Dentidia de Loureiro, Melissa, Dracocephalum y Horminum, Melittis, Lepechinia de Willdenow , Plectranthus de Lhéritier, quiétoitle Gernianeade M. de Lamarck, Ocimum, Coleus de Loureiro, Bruaella, Scutellaria, Perilomiade MM. Hum- boldt et Kunth, Chilodia et Ciyphia de M. Brown, Prasium, Prostaniliera de M. Labillardière , Platosloma de Beauvois, Tri- chostema, Pliryma. (J.)

LABIO. (ConcliyL) Genre de coquilles établi par M. Ocken, dans son Système d'Histoire naturelle, pour quelques espèces de turho de Linnaeus et de la plupart des conchyliologistes mo- dernes. Les caractères qu'il assigne à ce genre sont : Bouche de la coquille ronde, non ombiliquée; le manteau de l'ani- mal pourvu d'appendices; les tentacules sur le cou; la verge libre. Les espèces que M. Ocken rapporte à ce genre sont : le

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tutlo tesselatus, Vosîlin d'Adanson et les turlo lalio , vestiarius luher et zizyphus. Voyez Toupie et Turbo. (Db B.)

LABIUM ou LABRUM-VENERIS. ( Bot. ) La cardère sau- vage {dipsacus sj^estris, Linn.) portoit ce nom chez les Ro- mains, et beaucoi^p d'auteurs, parmi ceux qui ont précédé Linnaeus,ont encore désigné cett» plante sous ce nom. ( L. D.)

LABLAB {Bot.), nom égyptien, cité par P. Alpin, d'une espèce dedolic, dolichos lablab de Linnaeus, dont Adanson et Mœnch font leur genre Lablab , remarquable par le hile de la graine, muni d'une callosité fongueuse prolongée sur le côté. On le trouve aussi sous le nom de leplah, cité par C. Bauhin. (J.)

LABODA (Bot.), nom hongrois de l'arroche, atriplex, sui- vant Mentzel. (J.)

LABRADORISCHE-HORNBLENDE. (Min.) On a désigné , quelque temps, sous ce nom étranger, faute d'en avoir un qui appartînt à toutes les langues, un minéral auquel M. Haiiy a donné le nom d'HyPERSTÈNE, après avoir reconnu qu'il formoit une espèce distincte (voyez ce mot), et que les minéralogistes de l'école de Werner appellent actuellement Pauute. (B.)

LABRADORITE. (Min.) M. de la Metherie qui a trop souvent cru mettre quelque chose de lui dans la science, en donnant des noms substantifs à des minéraux qui ne sont quelquefois que des variétés de troisième ordre, a nommé labradorite le felspath à reflets opalins, parce que les pre- miers échantillons de cette belle variété ont été rapportés du Labrador, on les trouve en morceaux épars sur la côte. Voyez Felspath opalin. (B.) /

LABRAX. (7c?if/;_/o/.) Ce mot a, en ichthyologie, plusieurs acceptions différentes. Klein en a fait le nom d^un genre de son neuvième groupe, genre dont nous avons exposé les ca- ractères dans ce Dictionnaire, tOm. XXll, pag. 456. Mais, dès les temps les plus reculés , Arislote , ^Elien , Athénée avoient désigné le loup de mer par le mot XdCpœ.'^, qu'Ovide, Pline et Varron ont rendu par celui de Z//p«5, que Linneeus et les autres ichthyologistes ont adopté comme dénomination spéci- fique. (Voyez CentropOxME , Loup de mer et Persèque.)

Plus récemment, Pallas a établi, sous ce même nom de la- trax- J un genre de poissons des mers du K.amtschatka, recon-

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noissaMesà leur corps assez long, garni d'écaîîles ciliées; à leur tête petite et sans armure; à leur bouche peu fendue, année de petites dents coniques, inégales; à leurs lèvres charnues; à leur nageoire dorsale s'étendant tout le long du dos ; à plu- sieursséries de pores longitudinales et semblant faire autant de lignes latérales.

Ce "enre n'a point été généralement admis. M. Cuvier le place en hésitant, près des scares, à la fin de la famille des îabroïdes. On peut consulter, à ce sujet, Pallas et Tilésius , dans les Mémoires de l'Académie de Pétersbourg, tom. II. (H.C.)

LABRE. (Entom.) La lèvre supérieure , dans les insectes à mâchoires, porte, en latin, le nom de labruniseulabiumsuperius, tandis que l'inférieure est appelée tout simplement la lèvre, labiiim. Voyez Bouche et Insectks. (C. D.)

LABRE, Labrus. (Ichfhjol.) On désigne, sous ce nom, un des genres de poissons les plus nombreux en espèces, établi<